dimanche 28 juin 2009

In chief - fin de saison

C'était l'affiche de la mini-série de cette année( merci à Jack)... ET comme vous le savez, elle s'arrête au bout de 8 mois.

La principale raison, sans appel: manque de points (d'audience?) - Pour 0,5 points de plus, USA-Chief prendra le relais.

Mais peut être faut-il analyser d'un peu plus près cet arrêt...

D'abord pour tenir ce rôle longtemps, il faut être un vrai sage: zen, serein... Le débutant est un peu fougueux, surmotivé, débordant d'idées. Il peut être fatiguant et fatigué très vite!
Bon d'accord un menbre de la tannière est parti en dépression mais les autres tiennent debouts!

Il faut être ORGANISE pour ce rôle: ne rien oublier, ne pas se laisser déborder, être à jour et surtout ne pas multiplier à l'infini les posts-it avec la liste de choses "à faire"!
Vous devez avoir une vision claire de mon bureau à cet instant précis.

Le mieux quand même pour ce rôle est de ne pas voir d'enfants ou alors des grands qui n'ont plus besoin de toi. Comme ça, tu peux rester à loisir dans l'école pour répondre à la paperasse administrative ou bien recevoir tranquillement les parents à 18h30!
Ok je fais un peu de provoc' là....

Il faut soigneusement choisir son année pour débuter: faire attention au gouvernement, aux nouveautés de l'année. Non parce que là, il faut obligatoirement se positionner et si vous choisissez l'option "contre", c'est le début du bazar: la reine de la nuit, les copains de la reine de la nuit, le big boss à se coltiner....
L'avantage, c'est que j'ai une vision claire de l'organigramme de la hiérarchie!

Et surtout, mais surtout, pour ce rôle, il faut utiliser correctement sa salive!!! Cela évite 2 écueuils:
- parler à des personnes inutilement; vous savez à celles que vous essayez de faire revenir les pieds sur terre (et donc loin de leur parano-maniaco-dépression) ou à d'autres pour mettre un terme à un débat stérile (alors que non elles batailleront jusqu'au bout pour avoir "une suite" au sein de l'école, loin de sujets essentiels, comme... les élèves...)
- oser poser les questions essentielles au bon moment et ne pas se sentir inférieure face à une vieille ourse mal léchée. Ainsi, il est possible de tenir ses engagements, car on a toutes les "cartes en main " quand on propose...

Bon en même temps, les épisodes de la série ont pu être tourné normalement, la bande-annonce du début d'année a pu être respectée.
Si c'est un peu trop le bazar, USA-chief nous remettra tout ça d'aplomb!
Et moi, et bien j'ai une vision claire du rôle si d'aventures je souhaite rejouer dans une telle série ;-)!

Service public

Jojo est directeur d'une école sans élève. Et cela fait 23 ans que ça dure. En effet, il a créé de toutes pièces une structure qui accueille les classes de l'agglomération pour visiter la grande ville toute proche. Ainsi grâce à lui des centaines d'enfants (et d'enseignants) apprennent l'histoire à travers notre ville. Et cela gratuitement !!! GRATUITEMENT. Il s'agit donc d'un service public rendu à la population.

Mais Jojo part bientôt à la retraite. Et à un an de la retraite voici ce qui lui arrive.

Une nouvelle collaboratrice vient d'être nommée. Pour un tel poste il faut passé un entretien et avoir certaines compétences : connaissance historique de la ville et capacité à interesser les plantigrades. Cette dame travaille depuis 15 dans une bibliothèque départementale et dès son arrivée elle a prévenu : PAS de plantigrades...Et oui c'est ce que l'on appelle les déchargés thérapeutiques : ceux qui ne sont pas capables d'enseigner mais que l'on garde quand même.

Et puis, le big boss adjoint a dit à Jacques qu'il devait accueillir une société privée spécialisée dans les visites guidées. A un an de la retraite, Jojo commence à trouver cela louche. Mais non, il ne peut pas y croire. Non, ce n'est pas la fin de son service public. Ce qu'il a créé de toute pièce ne peut pas devenir un banal marché privé qui ne profiterait qu'aux écoles riches.

Alors il est allé voir le big boss adjoint (qui lui avait toujours dit que son école sans enfant était un bien public NECESSAIRE). Le big boss adjoint a dit :
"Vous savez en ce qui concerne votre école : le vers est dans le fruit"

Alors voilà Jojo va partir et ce sera donc la fin. Une nouvelle collaboratrice incompétente et une société privée à chaperonner : bonne dernière année Jojo !

OURS

mercredi 24 juin 2009

Comptabilité

Et le mercredi, pendant la sieste des oursons, c'est...............


COMMANDES!!!


Moment, oh combien important, où le cerveau est soumis à une gymnastique infernale!!!


Quelle est la durée de vie d'un bic 1er prix par rapport à celui de marque? son taux de résistance aux dents d'un élève?


Et un feutre 1er prix, combien de temps survit-il sans son bouchon, par rapport à celui de marque?

Cahier petit format? grand format? 2 cahiers 48 pages ou 1 cahier 96 pages?

Et les fournitures écolos dans tout ça: qu'est-ce qui pollue le + une règle en plastique ou une règle en aluminim? et laquelle dure le plus longtemps?

Et les peintures!!!!!!!!!! Rien que le tableau peut vous donner le tourni:



L'ami précieux de ce moment là reste la calculatrice... Gare au déchirage de feuille impulsif en cas d'erreurs....

Enfin, c'est pas tout ça mais maintenant j'ai les bulletins scolaires à remplir!

dimanche 21 juin 2009

Le sourire jusqu'aux oreilles

"Malgré ses difficultés et son parcours atypique , Angie fait preuve d'un grande motivation et d'un grand sérieux. De ce fait, elle est en progrès constant. Si on lui donne les conditions nécessaires à sa mise en confiance, il n'y a pas de raison qu'elle ne poursuive pas sa progression."

Voici la conclusion du dossier d'Angie.

Angie qui était inscrite depuis plusieurs années en CLIS.

La CLIS ou classe d'intégration scolaire est une classe à effectif réduit (12 élèves maximum) qui accueille des élèves en situation de handicap ou ayant des difficultés telles qu'elles ne leur permettent pas de suivre une scolarité normale.

Angie était une de ces élèves. Motivée et sérieuse, elle a finalement passé son CM1 et son CM2 en classe ordinaire. Et elle rentrera au collège en septembre, en 6e ordinaire.

Angie sortait du "spécialisé" pour reparir vers une scolarité "normale". Il fallait faire un dossier pour le signaler à la Maison Départemental du Handicap, qui gère les élèves qui suivent une scolarité dans l'enseignement spécialisé.
Nous aurions pu le signer simplement avec son maître et ses parents.

Et puis finalement, nous avons organisé une équipe éducative, avec son maître, celui qui s'occupe des enfants en spécialisé, ses parents, son éducatrice ... et Angie.
Et nous avons dit à Angie combien elle pouvait être fière d'elle, qu'elle y était arrivée et que nous avions confiance en elle pour la suite.
Et face à nous une Angie avec un sourire jusqu'aux oreilles, émue.

Alors voilà, il y a aussi quelques rares équipes éducatives comme ça, où nous aussi on ressort avec le sourire jusqu'aux oreilles.

Elle peut paraître banale cette histoire, mais elle fait du bien!

Et puis des histoires positives comme ça, on va pas vous en raconter des masses!!!

dimanche 14 juin 2009

Une de plus!

Voilà, ça, c'est fait, on coche la case et on tourne la page!
De quoi je parle? De la KERMESSE!!!

Alors, pour vous, c'est quoi une kermesse? Une "fête en plein air comportant des jeux et des stands..." comme le dit le Petit Larousse?

Non, parce que pour la family's zep et pour la tannière c'est tout à fait autre chose...
C'est ORGANISER: 3 réunions avec les parents et 1 conseil des maîtres;
C'est ACCUEILLIR: 300 chaises, 50 barrières, 10 grilles d'exposition, 20 tables et 20 bancs, 2 scènes, 2 planchas, 1 marabout...
C'est FAIRE ENTENDRE: 1 sono extérieure et ses 2 micros...
C'est ETANCHER FAIM ET SOIF: 40 kg de merguez, 15 kg de ventrêche, 10kg de chipolatas, 250 baguettes, 25 L de moutarde, 25 L de mayonnaise, 25 L de ketchup, 300 sucettes, 210 Mr Freeze, 95 L de coca, 81 L de Ice tea, 50 L d'eau minérale, 40 L de panaché... (liste non exhaustive!)
C'est JOUER et GAGNER: 500 petits lots pour les 8 stands, 51 lots pour la tombola!
C'est MONTRER: 2h de spectacle avec 11 numéros et 1 salle d'exposition avec affiches et films...

Et puis une kermesse, c'est RECOLTER, car comme le précise le Petit Larousse: " (la kermesse) est organisée le plus souvent au bénéfice d'une oeuvre."
Pour nous ce sera 1 300 euros, une fois tous les frais engagés retirés. Ouf! On a bien fait d'écouter certains parents et de choisir une date pas trop éloignée du paiement des aides et RMI... Et une fois pensé ça (souvent à haute voix), on s'arrête et on se dit: voilà à quoi on en est réduit, choisir la meilleure date pour que les parents dépensent le + possible.... voilà à quoi on en est réduit pour avoir des sous pour les sorties, le matériel, les projets, les éventuelles classes de découverte...

On marche un peu sur la tête, non?
L'école dépend pour son "budget" de la mairie sur la quelle elle se trouve.
La mairie de notre école a peu de sous (je ne vous explique pas pourquoi...), donc peu de sous pour ses écoles - assez nombreuses il faut le dire -.
Et nous voilà dans un cercle vicieux: la commune est "pauvre" parce que ses habitants sont pauvres et l'école n'a donc que peu de moyens. Alors après avoir quémander par ici et par là-bas, l'école se retourne vers les parents... Jamais de façon directe, par des lotos, des tombolas, des kermesses...
Et pourquoi nous avons besoin de sous: pour faire découvrir autre chose à nos élèves. Car ne nous y trompons pas, c'est bien eux qui en ont besoin. Car eux ne vont pas à la mer avec leurs parents, ni au musée, ni à l'opéra, ni au cinéma, ni tout simplement passer le pont pour se balader et découvrir la grosse ville à côté...

Le voilà le rôle de l'école publique: ouvrir l'esprit de ses élèves, former des citoyens et non réfléchir à comment récolter efficacemment de l'argent.

mercredi 10 juin 2009

Veille de kermesse...


Aaaaaaaaaah!!!! Mais qu'est ce donc que ce TRUC?!?!?!?!?
C'est rien, juste moi en train d'essayer de faire les costumes de mes élèves pour la danse de la kermesse .... DEMAIN SOIR !!!!!!!!
Vous êtes en train de vous dire que ça ressemble à rien.... Sûrement oui ..... En même temps, j'ai une licence STAPS et pas en ARTS...
Enfin je vous mettrai une photo d'eux avec leur costume!
Binômette, désolé j'ai pas pu finir...

lundi 8 juin 2009

Petite visite...

Ah! le lundi matin...

Arrivée à 7h50 et être cueillie par le spectacle de 4 classes "visitée"...
Alors par "visitée", il faut entendre volets et fenêtres forcés, argent de la tombola (de la kermesse) envolé... 150 euros en tout... - Pour être bien claire, l'argent d'une tombola, ça sert à payer les lots de la tombola et le reste c'est pour le matériel ou les sorties des classes. -

A 7h55, passer le 1er coup de fil de la journée au comissairiat; puis le second à la mairie.

A 8h30, au lieu de rentrer avec sa classe, faire l'état des lieux avec 2 policiers, se rendre compte que les salles ont été soigneusement choisie, que les visiteurs savaient où aller...

A 9h30 (20 minutes avant la récréation), retrouver enfin ses élèves, qui ont migré dans une autre salle (comme les 3 autres classes), essayer d'entamer le travail de la journée...

A 10h45, accueillir la policière, chargée de prendre les empreintes, second état des lieux.

A 11h, essayer de faire classe.

A 11h15, tendre ses mimines à la policière pour qu'elle me prenne à moi aussi mes empreintes.

11h30: matinée foutue...

Je vous passe les détails de l'après-midi, foutu lui aussi, à courir derrière qui voudra bien réparer les fenêtres des classes afin d'éviter une nuit "porte ouverte"... Aux dernières nouvelles, un gardien dort à la tannière, puisque rien n'a été réparé.

En résumé une semaine très mal entamée!

Enfin que de la routine tout ça... Cette année, la tannière a été visitée 6 fois au moins, mais c'est la première fois qu'il y a eu vol... c'est à dire que maintenant nos "visiteurs" ont compris comment fonctionnaient les alarmes!

Ce soir, de la lassitude et l'envie de tout lâcher. Ca passera...

Bonne route!

Un petit mot pour M.Ronfleur, qui a décidé de tenter l'aventure chez les collègues du secondaire... Lâcheur!

Alors bonne rentrée demain, prépare bien ton cartable et surtout écoute bien M. Le Principal.

Et surtout pas n'oublie pas que tu nous dois un coup à boire maintenant!

samedi 6 juin 2009

Education Nationale = service public?






Sans commentaires...

En balade

Il y a 10 jours sortie programmée avec toute ma classe de C.P., accompagnée de ma Binomette et d'Assurancetourix; direction la maison de l'eau.

Nous nous y rendons en tramway, et rien que ce trajet est sujet à d'immenses découvertes:
"Oh! Regarde maîtresse un autre tramway!!!!" Et oui il y a plusieurs tramways...
"Toi aussi maîtresse, tu as une maman? et tu vas la garder jusqu'à ta mort? et tu vis avec elle?" Et oui la maîtresse est une espèce tout à fait banale...
On ne s'ennuie pas durant le trajet, et les autres voyageurs non plus!!!

Nous arrivons à destination.
Nous nous installons, les animateurs sont là.
" - Vos élèves ont déjà parlé de l'eau en classe, du cycle de l'eau?
- Bien sûr!" répond la maîtresse naïve et sûre que je suis....

Et là c'est le festival! Petit florilège....

"L'eau que l'on peut boire, comment s'appelle-t-elle?
- ....
- po....
- POTAGE!" hurlent en coeur quelques élèves.

"Pour que l'eau redevienne liquide, il faut de la vapeur d'eau et de la cha.....
- JAVEL! "

"L'eau, une fois qu'on l'a utilisée, que devient-elle?
- Elle va dans les égoûts
- Oui, et ensuite?
-Ah! Ensuite, on la prend et on la nettoie avec du savon."

Comment vous décrire mon état dans ces moments là.... Entre désespoir (je me ratatine lentement, mais sûrement sur ma chaise) et colère (je fulmine sur ma chaise). Parce ce qu'il faut vous dire, c'est que nous travaillons depuis 1 mois au moins sur l'eau et son cycle et tout ça et tout ça....

Alors quand après, un de vos élèves explique le plus naturellement du monde à Mimi l'animatrice que le laboratoire (où l'on se rend), il va nous servir à faire des potions magiques et à transformer des araignées, vous tracez droit votre chemin dans le labo et ça vous démange juste de lui dire que l'araignée elle est peut être accrochée dans sa tête!

(Lui c'est un copain pour Marc-Antoine, je pense...)

mercredi 3 juin 2009

Une chaise vide

Il ne faut pas oublier, que la crise n'arrête pas une chose ici: les rafles des sans papiers....
Peu importe leur histoire, leur âge, ce qu'ils ont construit ici, ce qui les attend là-bas... Non peu importe.
Et des collègues, un matin, trouvent une chaise vide dans leur classe...



Montage réalisé par Mégaphone01 sur Dailymotion

vendredi 29 mai 2009

Bouge de là!

Alors voilà l'histoire...
Ours et moi n'étions pas titulaires de nos postes, seulement en transit, Ours au sein de la tannière et moi sur le poste "in chief".
Pour s'implanter durablement, il nous fallait passer par les mouvements et demander à obtenir nos postes à titre définitif!
Et le mouvement, ce n'est qu'une question de barème: ancienneté + note (obtenue lors d'une inspection) + enfants + bonus (comme le fait d'être en ZEP depuis 3 ans au moins).
Exit les notions d'investissement, de stabilité d'équipe, d'implication, etc etc...
Système plus clair et équitable certes mais...

Mais Ours et moi n'avons pas obtenu nos souhaits: Ours quitte la tannière et va devoir refaire sa place ailleurs... Peut être qu'il va tomber sur une fine équipe bis, qu'il se fera une super place... mais en attendant ça fait chi...
Pour moi, fini le "in chief", je reste dans la tannière, simple adjointe, comme on dit. Certes, je vais pouvoir me consacrer à plein temps à ma classe et arrêter de courir pour la direction... mais en attendant ça fait chi...
C'est pénible, c'est désagréable, parce qu'il manque (et manquera toujours) ce petit zeste de reconnaissance qui vous dira: investissement OK, sérieux OK, classe/école qui tourne OK, donc vous pouvez continuer sur ce poste.

Seulement voilà, ça ne se passe pas comme à l'Education Nationale...

lundi 25 mai 2009

Et demain...

... c'est grève!
Mais une fois n'est pas coutume, nous ne ferons pas grève....
Tout simplement, car j'ai une sortieprévue avec ma classe et que je ne peux pas la repousser!

Mais comme il ne faudrait pas oublier trop vite quelqu'unes des raisons de cet énième mouvement, un petit texte.
Un peu long d'accord, mais tellement édifiant et convaincant (enfin si il faut vraiment convaincre ENCORE!)

Il s'agit d'un discours d'un universitaire, lors de rencontres organisées par la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité.

Alors bonne lecture et bonne grève !

Brève comparaison entre> la loi « hôpital, patients, santé et territoire » (dit Bachelot)> et les lois Pécresse (mai 2009)

HOPITAL / UNIVERSITE
Idée : L’université emprunte le même chemin que l’hôpital public - l’hôpital a, si l’on peut dire, une longueur d’avance sur l’université

Au départ, deux convictions (côté gouvernement)
1/ alléger les dépenses publiques, c’est se donner les moyens d’alléger les impôts, donc de libérer l’épargne des plus riches : c’est leur donner les moyens d’investir dans l’économie, de créer des entreprises, de créer des emplois, de donner du pouvoir d’achat aux gens, et de relancer la croissance
=> des riches plus riches, c’est bon pour la collectivité nationale
2/ le progrès passe par le développement de l’esprit de compétition : c’est comme ça que chacun est encouragé à se dépasser, à faire mieux, donc à faire du bien aux autres
2 objectifs principaux
- réduire les impôts, donc réduire les dépenses publiques
- introduire de la concurrence là où il n’y en a pas ou peu

Où ça ?
- là où il y a des fonctionnaires, c’est-à-dire dans les trois grandes fonctions publiques : celle de d’Etat, celle des collectivités territoriales, celle de l’hôpital
- là où on dépense l’argent public (services publics étatiques notamment)
- là où prévaut autre chose que la logique de la compétition (solidarité, coopération, redistribution…)

En disant quoi ?
- que les dépenses publiques sont improductives (ce qui est faux : investir dans les routes, les écoles, les transports, la sécurité, le développement des territoires, c’est bon pour « l’économie réelle », ça contribue à élever la productivité d’un pays)
- qu’elles ont abouti à d’immenses bureaucraties qui fonctionnent mal (ce qui est vrai en partie) - qu’il faut donc recentrer l’Etat sur son « cœur de métier » (emprunt au management) : défense, sécurité intérieure, justice, économie/finances
- qu’il faut donc réduire son périmètre d’intervention : non seulement dans les services publics dits industriels et commerciaux (qui ont presque tous été privatisés - La Poste étant le dernier à y passer) mais aussi dans tous les autres services publics où prévalait jusque là, au nom de leur caractère fondamental, un principe de gratuité ou de quasi-gratuité : notamment la santé, l’éducation, la culture

Au nom de quoi ?
de la stratégie de Lisbonne (« faire de l’UE l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique au monde d’ici 2010) => domaines privilégiés = recherche, éducation, santé

I. ­ Logique d’ensemble : un système à 2 vitesses
affaiblir le service public pour favoriser le développement d’une offre privée
Hôpital (scénario prévisible) : lois qui visent à substituer à la notion de « service public hospitalier » celle de « missions de service public » qui pourraient être assurées par tous les établissements du secteur
• on laisse les hôpitaux se paupériser, les soins se dégradent, les plus aisés se tournent vers les cliniques (qui refusent de prendre en charge les plus pauvres et les pathologies les moins « rentables »), les plus pauvres restent à l’hôpital, l’écart de prestations (et de coûts : pathologies plus lourdes et moins « rentables » à l’hôpital) s’accroît
• ce qui est rentable est transféré au privé, on laissera au public les moins rentables (personnes âgées, pauvres, précaires, patho lourdes)
• les plus aisés vont finir pas ne plus vouloir payer pour d’autres qu’eux (« moins d’impôts ! »), les pressions sur le système hospitalier (réduction des sites, des coûts…) vont s’accroître
=> suppression à terme de services publics non rentables
=> développement parallèle de l’assistance (organisations caritatives)
=> fort essor des cliniques et « hôpitaux privés »
=> un système à 2 vitesses se met en place

Université (scénario prévisible)
• on laisse les universités de taille petite et moyenne (pluridisciplinaires) se paupériser, l’offre éducative et de recherche se dégrade, elles sont transformées en « collèges universitaires » (niveau L)
=> les étudiants plus aisés se tournent vers les universités de grande taille + grandes écoles + établissements sup privés
=> les plus pauvres restent dans les « collèges » (où on ne fait plus de recherche)
=> fort essor d’un enseignement sup privé
=> système à 2 vitesses, inégalités territoriales et sociales accrues

II. ­ Outils de mise en place des réformes
1) Pas de réforme avec tambour et trompettes mais une avalanche de réformettes : plus on bombarde l’adversaire de réformes, plus on l’affaiblit (il ne sait plus où donner de la tête, il est à la fois sur tous les fronts et nulle part)
Hôpital : loi hospitalière de 1991, ordonnances Juppé de 1996, plans "Hôpital 2007" puis "Hôpital 2012", et maintenant la loi HPST
Université : réformes (LRU, Pécresse, etc.) sur les conditions de gestion des U (décollégialisation), conditions de recrutement des EC et de gestion de leur carrière (fin du jugement par les pairs), conditions de formation des enseignants du primaire et du secondaire (assèchement concours de la fonction publique), éclatement CNRS, etc.

2) Pas de débat démocratique
- une phraséologie qui subvertit le sens originel des mots « réforme » = destruction service public
- une rhétorique bien rodée .
« le service public est en crise ! il ne fonctionne pas bien ! .
« nous sommes en retard sur les autres : il faut à tout prix rattraper ce retard » .
« regardez votre place dans les palmarès : on est trop bas, il faut remonter ! »
- un processus présenté comme inéluctable
- des décisions tranchées par des experts, un débat enclos dans l’espace technocratique
=> des réformes dont la logique d’ensemble ne se découvre que progressivement et dont l’éclatement nuit à l’organisation de résistances et d’une contre-mobilisation

3) Une logique de division
Outils ? * des calendriers différents : repères temporels différents. Exemple: Universités : 3 « vagues »
* une logique « dilemme du prisonnier » => jeux d’anticipations croisées sur ce que fait le voisin qui nuit à la coopération et à la solidarité> > Universités : « l’université d’à côté ne va-t-elle pas remonter ses maquettes de diplômes ? Dans le doute, remontons les nôtres »

4) Modalités concrètes de mise en œuvre SFR (acronyme de mon cru) .
on Supprime (les établissements, les activités, les emplois de fonctionnaires, via le non remplacement des départs en retraite).
on Fusionne (au nom de la lutte contre les « doublons », les services redondants…).
on Réduit (le périmètre d’activité, le nombre de services)
Hôpital : mise en place de « communautés hospitalières de territoire », qui permettront de mutualiser certaines fonctions ou activités.
Argument ? améliorer les coopérations locales et les parcours de soins
Universités : série de plans (PRES, pôle de compétitivité, plan Campus…) qui contraignent universités à « mutualiser » activités et services autour d’un seul et même pôle d’excellence.

=> ce sont là les préconisations de la vaste réforme qui affecte toute la fonction publique d’Etat, la RGPP (Révision générale des politiques publiques qui a été pensée par des hauts fonctionnaires, des chefs d’entreprise, des experts en management et des responsables de cabinets de consultants) qui est mise en œuvre depuis 2009
=> inégalités s’accroissent, services publics qui contribuent pourtant à la productivité du pays sont de plus en plus affaiblis, et investissements attendus n’ont pas eu lieu (le désir de faire de l’argent pour de l’argent l’a emporté)

5) Des instruments d’action étatique à distance (relevant du nouveau management public)
Un exemple comptable et budgétaire
Hôpital : la « T2A », la tarification à l’activité
principe : hôpital réduit à un pourvoyeur d’actes de soins (critère privilégié : durée de séjour des pathologies)> > visée : réduire cette durée, éliminer les « soins » non rentables et trop coûteux en personnel (gériatrie, psychiatrie, soins palliatifs)
Université
avant on avait San Remo : qui prenait en compte des effets de taille, de coûts de fonctionnement différents par classe de formation
désormais on a « SYMPA » Logiciel "Système de répartition des moyens à la performance et à l’activité" (opérationnel depuis le 1er janvier 2009) : avec lui, on ne peut augmenter la masse salariale (le gouvernement agit à distance)
=> répartition de la dotation au prorata des étudiants (4 pondérations dont : inscrits, présents aux examens, ayant réussi, etc.) et des enseignants-chercheurs publiants.

6) Un exemple de technique incitative : le benchmarking (comparaison-émulation)
- Ça consiste en quoi ? à donner aux gens des moyens de se comparer constamment avec les autres et de mesurer les écarts entre sa position et celle des autres.
Ça va de pair :
. avec le développement des méthodes d’évaluation (reporting, emprunté au privé) : fixation d’objectifs, de critères, de délais, résultats, bilan, récompenses/sanctions + nouveau cycle d’objectifs-critères-délais-récompenses/sanctions, etc.
. avec un discours de valorisation des « meilleurs » et de stigmatisation publique des « médiocres »
- Pourquoi ça marche ? parce que c’est une forme douce de coercition
Hôpital : palmarès des hôpitaux
=> critères contestables (taux d’infections nosocomiales, de morts, etc.) qui ne tiennent pas compte des caractéristiques globales de la population des patients et du territoire
Université palmarès des « licences pro », des « masters », des « universités », palmarès de Shangaï (construit n’importe comment)
=> critères contestables qui ne tiennent pas compte des caractéristiques globales de la population des étudiants, des EC et des C


III. Conséquences : affaiblissement services publics
« Verticalisation » des deux systèmes
1/ mise en place d’exécutifs forts qui rendent des comptes directement au gouvernement,
=> le directeur d’hôpital rend des comptes au directeur d’agence régionale de santé qui rend des comptes à la ministre
=> le président d’U rend des comptes au recteur qui rend des comptes à la ministre> > 2/ pas de contre-pouvoirs
Une bureaucratisation croissante
renforcement des pouvoirs administratifs au détriment des « professionnels »
Hôpital renforcement des exécutifs locaux : directeur de l’UNCAM, des hôpitaux, des ARS (hauts fonctionnaires révocables par le gouvernement)
personnification du pouvoir : le directeur de l’H en devient le seul et unique « patron »
Université renforcement et personnification des exécutifs locaux : président, staff rapproché, direction administrative des composantes…
personnification du pouvoir : le directeur de l’U en devient le seul et unique « patron »

Vers l’extinction de la fonction publique
1/ suppressions de postes (départs en retraite non remplacés)
Hôpital 20 000 emplois menacés sur toute la France. Rien que l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) : 1 000 emplois doivent disparaître en 2009.
Universités - 1 090 postes
2/ précarisation embauches sous statut précaire (CDD) : bon instrument pour rendre les gens dociles
Universités : externalisation et disparition progressive des administratifs de catégorie C (par ex. dans la restauration)
3/ rémunération à la « performance »
Hôpital article 10 du projet de loi HPST crée un nouveau statut contractuel pour les médecins exerçant à l’hôpital : part de rémunération variable liée à la réalisation d’objectifs financiers Universités ça commence : chaires d’excellence, primes accordées par le président, etc.

Conséquences négatives à long terme
Vision court-termiste. Or à long terme :
Hôpital : réduction de l’offre sanitaire à la population (qualité, diversité, sécurité)> > Universités : réduction de l’offre d’enseignement et de recherche (qualité, diversité, accès quasi gratuit : hausse prévue des frais d’inscription)

lundi 18 mai 2009

Testostérone

Cela fait 5 ans que je suis chef de meute et voilà déjà deux fois que je suis menacé par 2 habitants de la fôret. Alors je m'interroge, que dis-je, je mène une grande réflexion sur le rôle que pourrait jouer une hormone typiquement mâle : la testostérone.



Il y a de ça 4 ans, je me suis retrouvé avec un ourson des neiges violenté par son papa. Je vous passe les détails d'une telle affaire... Voilà qu'un soir maman ours vient accompagné de papa ours (surnommé dans la forêt le roi de la oursmobile, spécialité : tunning). Et là je l'ai vue, de mes yeux vue, cette satanée hormone !!!! J'ai vu le regard cet ours s'illuminer à l'idée d'avoir enfin à faire à un chef de meute mâle (car les menaces contre une femelle l'an passé ne l'avaient pas rassasié). Alors celui ci m'a élégamment proposé devant quelques oursons de me faire, un deuxième orifice anal, de m'exploser la tête, de me fracasser. Et puis le moment du défi physique est arrivé (genre footballeur) : le voilà qui veut poser son front contre mon nez. Et là, je pense que Dame nature a oublié de me donner de cette fameuse hormone car...j'ai reculé. Le roi de la oursmobile a terminé un peu dépité par vouloir me trancher la gorge.



Et puis il a une semaine elle est réapparue. Cette fois-ci elle était aidé par une molécule assez connue dans notre forêt : l'alcool. "L'ours à la croix" s'en est pris à une chef de meute: insulte, menace. Tout mâle dépourvu d'hormone que je suis je me suis senti obligé de m'interposer. Et là la revoilà, la même qu'il y a 4 ans, qui illumine les yeux de "l'ours à la croix." J'ai même cru entendre : "Ah ça y est un couillu !!!" Et voilà le stéroïdien qui me traite de "pédé", de "tarlouse," qui m'invite à aller faire un tour dans sa tanière, etc, etc.



Alors voilà, en tant que chef de meute mâle, j'ai l'impression que je devrais toute ma carrière subir l'agression hormonale., être le défouloir stéroïdien. Seulement je m'interroge : mon taux hormonal sera t'il toujours aussi bas ?
OURS

dimanche 17 mai 2009

En grève...

... et oui! Tout ça à cause d'un collègue de la tannière (M.C. pour ne pas le citer) qui m'a cyniquement fait remarquer concernant la 1/2 journée pour les dossiers 6e : "Mais qu'est-ce que tu avais à faire?!?!?!"
Réponse polie de ma part [...]
Sourire narquois: "Ah! mais c'est que tu travailles lentement!!!!"

SANS COMMENTAIRES

Donc je fais la grève du blog....

Non en vrai, ni moi, ni OURS n'avons 5 min pour alimenter ce blog... Et pourtant on a des idées de message plein la tête:
- Toute la vérité sur les kermesses (chiffres à l'appui)
- C'est chouette (ou des moments heureux de la tannière... si si il y en a!!!)
- les relations de OURS avec les parents (surtout les papas)
- les évaluations nationales CE1

Alors à très vite... Là je dois finir mon cahier journal pour demain!