Pour être tout à fait claire par rapport à mes mésaventures...
Tout fonctionnaire a un devoir d'obéissance hiérarchique: nous devons obéir aux ordres écrits et oraux de notre supérieur hiérarchique.
Pour les enseignants du 1er degré, il s'agit de l'Inspecteur d'Académie, qui tire lui-même ses ordres du ministère de l'Education Nationale.
Donc en fait, je ne peux pas dire NON ou merde à mon patron.
Nous le faisons à la tannière, mais à tout moment il peut y avoir des sanctions financières ou disciplinaires.
En modifiant l'organisation de l'aide personnalisée (j'y reviendrai) ou en refusant de faire remonter les résultats des évaluations nationales, nous sommes en désobéissance.
Si aucune sanction n'a été prise, nous en subissons tout de même les conséquences...
Lundi dernier, un père m'a signifié sa volonté de porter plainte contre la tannière pour "non-assistance à personne en danger" (vous expliquer la raison, je ne peux pas, je ne la connais pas moi même). Ce papa est parano et se sent persécuté par l'école. J'ai été cherché l'appui de ma hiérarchie (la reine de la nuit donc), sa réponse: recevoir seule ce papa. Non merci! Je souhaitais la présence d'une tierce personne dans ce semblant de dialogue avec ce père, pas un tête-à-tête avec ma supérieure où il pourra laisser libre cours à ses délires!
Donc je me suis débrouillée avec l'assistante sociale de la famille.
Mon entretien est une autre conséquence. En fait, cela ne ressemblait en rien à un entretien mais plutôt à un règlement de compte! Les 2 inspecteurs que j'avais en face de moi sont des copains de la reine de la nuit...
Maintenant l'entretien est digéré, on attend la suite: sera sur la liste d'aptitude ou pas?
Si cette histoire d'"obéissance hiérarchique" vous intéresse, allez sur le lien suivant lire l'article éclairant du café pédagogique:
http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/laclasse/Pages/2009/99_obeissancehierarchique.aspx
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dimanche 15 mars 2009
samedi 28 février 2009
Parlons chiffres....
Alors, alors, revenons à cette histoire d'effectifs...
Tout d'abord rappelons, que notre ministre dit à tout va qu'il y a dans l'Education Nationale, un professeur pour 11 élèves: quand on est prof, on croit s'étouffer face à ses paroles!
Ensuite une enquête de l'OCDE donne la moyenne 19,3 élèves par enseignant dans l'élèmentaire... Là encore, on reste songeur...
Donner ces chiffres bruts, c'est faire des raccourcis. C'est oublier de dire qu'il y a des enseignants qui ne sont pas avec une classe à eux (comme les enseignants du RASED, ceux qui prennent les élèves en difficutés en petits groupes). C'est ne pas expliquer que d'autres collègues ne sont pas devant des enfants, mais travaillent quand même pour eux, par exemple au sein des associations complémentaires, celles là même qui organisent les classes de neige/vertes ou bien les rencontres des associations sportives...
Bref, ces collègues ne sont pas des planqués, des fainéants, ils bossent aussi!
Le mythe des profs devant 10/15 élèves semblent quand même persister...
Alors, je vais vous dire combien ce serait formidable si ce mythe n'en était pas eux!
Une année, j'ai eu la chance d'avoir une classe de CP à 13 élèves... Un vrai régal, du bohneur! pas seulement pour moi, pour les élèves aussi!
13 élèves, concrètement ça donne quoi?
En lecture, tout le monde a la parole et s'essaie au déchiffrage du texte.
En maths, quand les exercices sont finis, chacun est corrigé un par un, et s'il y a besoin, on réexplique individuellement.
En dictée de sons sur ardoise, je m'asseyais à côté d'un élève et l'épauler pour qu'il y arrive.
Bref, je pouvais suivre chacun de mes élèves, les accompagner selon leurs besoins. Certains élèves ont pu s'accrocher plus facilement, alors qu'ils seraient noyés dans une classe "normale".
De tout cela, il n'en est plus question, puisque rappelez-vous, en dessous d'une moyenne de 25 élèves par classe, on enlève des postes. C'est comme cela, que nous allons perdre un enseignant à la rentrée prochaine...
E-CO-NO-MIE, n'oublions pas ce mot!
A la rentrée prochaine, mon neveu va rentrer en maternelle, à Paris. Sa maman a été l'inscrire. Le directeur lui a précisé que les classes de petits seraient d'au moins 27 élèves (au moins!). Dans ces conditions, impossible de s'arrêter sur chaque enfant et de lui permettre une entrée sécurisante à l'école... Du coup, mon frère m'a demandé ce que je pensais des écoles Montessori.
Une copinaute me disait que le nombre d'enfants faisant classe à la maison était plus élèvé dans les familles où il y a un parent enseignant...
Voilà, comment on tue le système éducatif.
Tout d'abord rappelons, que notre ministre dit à tout va qu'il y a dans l'Education Nationale, un professeur pour 11 élèves: quand on est prof, on croit s'étouffer face à ses paroles!
Ensuite une enquête de l'OCDE donne la moyenne 19,3 élèves par enseignant dans l'élèmentaire... Là encore, on reste songeur...
Donner ces chiffres bruts, c'est faire des raccourcis. C'est oublier de dire qu'il y a des enseignants qui ne sont pas avec une classe à eux (comme les enseignants du RASED, ceux qui prennent les élèves en difficutés en petits groupes). C'est ne pas expliquer que d'autres collègues ne sont pas devant des enfants, mais travaillent quand même pour eux, par exemple au sein des associations complémentaires, celles là même qui organisent les classes de neige/vertes ou bien les rencontres des associations sportives...
Bref, ces collègues ne sont pas des planqués, des fainéants, ils bossent aussi!
Le mythe des profs devant 10/15 élèves semblent quand même persister...
Alors, je vais vous dire combien ce serait formidable si ce mythe n'en était pas eux!
Une année, j'ai eu la chance d'avoir une classe de CP à 13 élèves... Un vrai régal, du bohneur! pas seulement pour moi, pour les élèves aussi!
13 élèves, concrètement ça donne quoi?
En lecture, tout le monde a la parole et s'essaie au déchiffrage du texte.
En maths, quand les exercices sont finis, chacun est corrigé un par un, et s'il y a besoin, on réexplique individuellement.
En dictée de sons sur ardoise, je m'asseyais à côté d'un élève et l'épauler pour qu'il y arrive.
Bref, je pouvais suivre chacun de mes élèves, les accompagner selon leurs besoins. Certains élèves ont pu s'accrocher plus facilement, alors qu'ils seraient noyés dans une classe "normale".
De tout cela, il n'en est plus question, puisque rappelez-vous, en dessous d'une moyenne de 25 élèves par classe, on enlève des postes. C'est comme cela, que nous allons perdre un enseignant à la rentrée prochaine...
E-CO-NO-MIE, n'oublions pas ce mot!
A la rentrée prochaine, mon neveu va rentrer en maternelle, à Paris. Sa maman a été l'inscrire. Le directeur lui a précisé que les classes de petits seraient d'au moins 27 élèves (au moins!). Dans ces conditions, impossible de s'arrêter sur chaque enfant et de lui permettre une entrée sécurisante à l'école... Du coup, mon frère m'a demandé ce que je pensais des écoles Montessori.
Une copinaute me disait que le nombre d'enfants faisant classe à la maison était plus élèvé dans les familles où il y a un parent enseignant...
Voilà, comment on tue le système éducatif.
mercredi 21 janvier 2009
Ne dites plus Z.E.P. mais... (explication de texte - 1)
Z.E.P., Z.E.P. ... mais si vous connaissez: les Zones d'Education Prioritaire!
Crées en 1981, par Alain Savary (Ministre de l'Education Nationale), et basées sur un principe d'équité: donner plus à ceux qui ont moins, afin d'offrir à tous les mêmes chances de réussite.
C'est l'idée de corriger les inégalités sociales à l'école, par une redistribution inégalitaire des moyens (moins d'élèves par classe, stabilisation des équipes enseignantes, prime, encouragement de l'innovation pédagogique...).
Seulement en une vingtaine d'année d'existence, nos politiques ont considéré que les résultats des Z.E.P. n'étaient pas assez significatifs et qu'il fallait relancer tout ça!
Donc en 2005, Gilles de Robien présente son plan de relance de l'Education Prioritaire (E.P.) et la divise en 3 groupes:
- EP1, endroit où les difficultés sociales et scolaires sont les plus importantes: ce sont les Réseaux Ambition Réussite (R.A.R.)
- EP2, zones où une plus grande mixité sociale est constatée, mais où les difficultés persistent: ce sont les Réseaux de Réussite Scolaire (R.S.S.)
- EP3, où l'on trouve les établissements qui vont sortir de l'éducation prioritaire.
(On adore les sigles à l'Education Nationale!!!)
Alors voilà, notre tannière se trouve en R.A.R.
Concrètement, ça signifie:
- un comité exécutif réunissant principal du collège, I.E.N., directeurs des écoles, enseignants d'appui... où l'on décide des axes prioritaires du R.A.R., des projets mis en oeuvre, de la répartition du budget.... et bien d'autres choses!
- un budget
- des enseignants déchargés de classes, qui viennent en appui des équipes enseignantes, pour mener à bien des projets, faire le lien maternelle-élémentaire, primaire-collège
- des assistants pédagogiques, c'est-à-dire des personnes préparant un concours de l'Education Nationale et en même temps avec un contrat de 17h/semaine. Ils sont sur les écoles ou collèges pour aider dans les classes.
... et la liste est non exhaustive!
Est-il utile de vous préciser que tous ces moyens sont liés à une exigence de résultats et d'objectifs à définir et à atteindre? (petit grincement de griffes... on y reviendra plus tard...)
Voilà... tout ça pour vous expliquer un peu mieux notre tannière et ces alentours....
Après, tout ce que je viens de vous décrire, c'est ce qui se trouve sur le papier...
Ce blog, c'est aussi vous montrer en pratique ce que ça peut donner!
En espèrant que cette 1ere explication de texte fut claire....
Crées en 1981, par Alain Savary (Ministre de l'Education Nationale), et basées sur un principe d'équité: donner plus à ceux qui ont moins, afin d'offrir à tous les mêmes chances de réussite.
C'est l'idée de corriger les inégalités sociales à l'école, par une redistribution inégalitaire des moyens (moins d'élèves par classe, stabilisation des équipes enseignantes, prime, encouragement de l'innovation pédagogique...).
Seulement en une vingtaine d'année d'existence, nos politiques ont considéré que les résultats des Z.E.P. n'étaient pas assez significatifs et qu'il fallait relancer tout ça!
Donc en 2005, Gilles de Robien présente son plan de relance de l'Education Prioritaire (E.P.) et la divise en 3 groupes:
- EP1, endroit où les difficultés sociales et scolaires sont les plus importantes: ce sont les Réseaux Ambition Réussite (R.A.R.)
- EP2, zones où une plus grande mixité sociale est constatée, mais où les difficultés persistent: ce sont les Réseaux de Réussite Scolaire (R.S.S.)
- EP3, où l'on trouve les établissements qui vont sortir de l'éducation prioritaire.
(On adore les sigles à l'Education Nationale!!!)
Alors voilà, notre tannière se trouve en R.A.R.
Concrètement, ça signifie:
- un comité exécutif réunissant principal du collège, I.E.N., directeurs des écoles, enseignants d'appui... où l'on décide des axes prioritaires du R.A.R., des projets mis en oeuvre, de la répartition du budget.... et bien d'autres choses!
- un budget
- des enseignants déchargés de classes, qui viennent en appui des équipes enseignantes, pour mener à bien des projets, faire le lien maternelle-élémentaire, primaire-collège
- des assistants pédagogiques, c'est-à-dire des personnes préparant un concours de l'Education Nationale et en même temps avec un contrat de 17h/semaine. Ils sont sur les écoles ou collèges pour aider dans les classes.
... et la liste est non exhaustive!
Est-il utile de vous préciser que tous ces moyens sont liés à une exigence de résultats et d'objectifs à définir et à atteindre? (petit grincement de griffes... on y reviendra plus tard...)
Voilà... tout ça pour vous expliquer un peu mieux notre tannière et ces alentours....
Après, tout ce que je viens de vous décrire, c'est ce qui se trouve sur le papier...
Ce blog, c'est aussi vous montrer en pratique ce que ça peut donner!
En espèrant que cette 1ere explication de texte fut claire....
à toi Gabriel...
Nous avons bien lu ton commentaire, et nous ne souhaitons pas te laisser dans le brouillard de notre tannière ;)
Car ce blog n'est pas seulement destiné à des collègues, mais au plus grand nombre!
Essayons d'éclaicir un peu le message intitulé " les temps changent....".
Concernant ces fameuses évaluations nationales en C.M.2, nous avons choisi en conseil des maîtres (de l'école) de suivre les consignes syndicales (précisées dans un autre message).
Le soir même de cette décision: réunion de tous les directeurs d'école de la circonscription sur ces évaluations.
(Chaque département est divisé en circonscription avec à sa "tête" un Inspecteur(trice) de l'Education Nationale (ou IEN) )
Lors de cette réunion Ourse in Chief a annoncé à son IEN (la déesse de la nuit) la décision du conseil des maîtres. Précisons qu'elle ne fut pas la seule ce soir là à exposer ses réticences.
Mais par contre elle fut la seule à avoir un entretien avec la déesse de la nuit dès le lendemain afin de se faire taper sur les doigts...
Vilaine Ourse in Chief va!!!!!!!
D'où la leçon à tirer: la franchise ne paie pas toujours... parfois il vaut mieux biaiser et faire dérailler le système de l'intérieur, plutôt que d'assumer ouvertement et s'exposer à des sanctions.
Nous n'arrivons toujours pas à nous faire à cette leçon ...
La semaine suivante...
La déesse de la nuit s'est rendue au sein de notre tannière, chez Mister Chocolate afin d'observer comment se déroulait la passation des évaluations.
Comme elle venait de recevoir des parents plutôt mécontents et inquiets face à ces évaluations, et afin de parer à tout "dysfonctionnement", elle a averti Mister Chocolate qu'elle viendrait l'inspecter la semaine suivante.
Se faire inspecter, c'est se faire observer en classe par notre supérieur et se faire noter à partir de ces observations et d'un entretien.
Rien de plus normal, mais ça met quand même un peu de pression.
De là à dire qu'elle a mis un peu pression pour ne pas avoir à souffrir de contestations, il y a un pas que nous franchissons allègrement!
Les temps changent...
Sinon, est-ce plus clair maintenant?
Car ce blog n'est pas seulement destiné à des collègues, mais au plus grand nombre!
Essayons d'éclaicir un peu le message intitulé " les temps changent....".
Concernant ces fameuses évaluations nationales en C.M.2, nous avons choisi en conseil des maîtres (de l'école) de suivre les consignes syndicales (précisées dans un autre message).
Le soir même de cette décision: réunion de tous les directeurs d'école de la circonscription sur ces évaluations.
(Chaque département est divisé en circonscription avec à sa "tête" un Inspecteur(trice) de l'Education Nationale (ou IEN) )
Lors de cette réunion Ourse in Chief a annoncé à son IEN (la déesse de la nuit) la décision du conseil des maîtres. Précisons qu'elle ne fut pas la seule ce soir là à exposer ses réticences.
Mais par contre elle fut la seule à avoir un entretien avec la déesse de la nuit dès le lendemain afin de se faire taper sur les doigts...
Vilaine Ourse in Chief va!!!!!!!
D'où la leçon à tirer: la franchise ne paie pas toujours... parfois il vaut mieux biaiser et faire dérailler le système de l'intérieur, plutôt que d'assumer ouvertement et s'exposer à des sanctions.
Nous n'arrivons toujours pas à nous faire à cette leçon ...
La semaine suivante...
La déesse de la nuit s'est rendue au sein de notre tannière, chez Mister Chocolate afin d'observer comment se déroulait la passation des évaluations.
Comme elle venait de recevoir des parents plutôt mécontents et inquiets face à ces évaluations, et afin de parer à tout "dysfonctionnement", elle a averti Mister Chocolate qu'elle viendrait l'inspecter la semaine suivante.
Se faire inspecter, c'est se faire observer en classe par notre supérieur et se faire noter à partir de ces observations et d'un entretien.
Rien de plus normal, mais ça met quand même un peu de pression.
De là à dire qu'elle a mis un peu pression pour ne pas avoir à souffrir de contestations, il y a un pas que nous franchissons allègrement!
Les temps changent...
Sinon, est-ce plus clair maintenant?
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