J'avoue j'avoue.... je rêve utopiquement, naïvement du GRAND soir, celui où tout le monde sera dans la rue, le temps de la grève générale, des luttes qui l'emportent...
Une façon de ne pas désespérer de mon métier sûrement!
Alors à quand la grève illimitée et l'enrôlement des autres collègues???
Commençons par les suivre eux de près!
mardi 9 février 2010
mercredi 3 février 2010
De l'autorité
Cela fait maintenant 7 ans que je suis instit. J'ai passé mes 6 dernières années en ZEP, là où l'on vous dit qu'il faut de l'autorité.
A mes débuts, je n'avais qu'une seule idée en tête : maîtriser les choses. Je ne supportais pas de perdre le fil, de me laisser dépasser, de ne plus contrôler ma classe. Alors pour éviter toute déconvenue, j'étais autoritaire. Les parents, les collègues disaient que chez moi "cela ne mouftait pas", ou encore : "Lui au moins il les tient". Je dois dire que j'étais assez fier de cela. Ma foi, enseigner comme débutant en ZEP et réussir à cadrer les choses, cela était plutôt gratifiant. Les collègues m'envoyainet leurs élèves les plus terribles. J'étais Le maître qui calme tout le monde.
Et puis, les années se succédant je me suis rendu à l'évidence. Mes élèves ne respectaient aucune règle en fait. Ils n'avaient rien compris du règlement intérieur, des règles de vie. En effet, à chacune de mes absences je retrouvais soit la remplaçante en larmes, soit des livres dans les toilettes, soit des enfants qui s'étaient échappés de l'école, soit des attaques au compas, soit....
J'ai donc ouvert les yeux : les élèves ne respectent les règles que parce que c'est moi qui leur demande.Ils n'ont rien compris à l'utilité "publique" de la chose. Il n'y a aucun transfert. Je ne faisais que personnaliser le règlement. Tout dépendait de moi, j'étais le référent absolu, voir par moment le père de substitution.
Depuis maintenant deux ans j'essaye de changer de position. Je tente de prendre du recul. Je mets du collectif dans mes interventions. La classe est là pour rappeler la règle. Ce ne doit pas être que moi. Je veux que lorsque je quitte la classe, rien ne change. J'envisage les enfants comprenant que les règles sont bonnes. Que grâce à elles, ils peuvent être libre. Libre à l'intérieur d'un cadre qui est le même pour tous.
Seulement, chasser le naturel, il revient au galop. Je sombre de temps en temps dans des excès d'autoritarisme, dans la personnalisation, dans le ressenti. Je m'en rends compte grâce à certains regards, à certaines remarques d'adultes présents dans ma classe. En effet, je ne peux pas être autoritaire et vouloir en même temps que les règles soit comprises de tous.
C'est bien joli de tenir sa classe, mais si cela ne sert qu'a se protéger soi-même je n'y vois aucun intérêt.
A mes débuts, je n'avais qu'une seule idée en tête : maîtriser les choses. Je ne supportais pas de perdre le fil, de me laisser dépasser, de ne plus contrôler ma classe. Alors pour éviter toute déconvenue, j'étais autoritaire. Les parents, les collègues disaient que chez moi "cela ne mouftait pas", ou encore : "Lui au moins il les tient". Je dois dire que j'étais assez fier de cela. Ma foi, enseigner comme débutant en ZEP et réussir à cadrer les choses, cela était plutôt gratifiant. Les collègues m'envoyainet leurs élèves les plus terribles. J'étais Le maître qui calme tout le monde.
Et puis, les années se succédant je me suis rendu à l'évidence. Mes élèves ne respectaient aucune règle en fait. Ils n'avaient rien compris du règlement intérieur, des règles de vie. En effet, à chacune de mes absences je retrouvais soit la remplaçante en larmes, soit des livres dans les toilettes, soit des enfants qui s'étaient échappés de l'école, soit des attaques au compas, soit....
J'ai donc ouvert les yeux : les élèves ne respectent les règles que parce que c'est moi qui leur demande.Ils n'ont rien compris à l'utilité "publique" de la chose. Il n'y a aucun transfert. Je ne faisais que personnaliser le règlement. Tout dépendait de moi, j'étais le référent absolu, voir par moment le père de substitution.
Depuis maintenant deux ans j'essaye de changer de position. Je tente de prendre du recul. Je mets du collectif dans mes interventions. La classe est là pour rappeler la règle. Ce ne doit pas être que moi. Je veux que lorsque je quitte la classe, rien ne change. J'envisage les enfants comprenant que les règles sont bonnes. Que grâce à elles, ils peuvent être libre. Libre à l'intérieur d'un cadre qui est le même pour tous.
Seulement, chasser le naturel, il revient au galop. Je sombre de temps en temps dans des excès d'autoritarisme, dans la personnalisation, dans le ressenti. Je m'en rends compte grâce à certains regards, à certaines remarques d'adultes présents dans ma classe. En effet, je ne peux pas être autoritaire et vouloir en même temps que les règles soit comprises de tous.
C'est bien joli de tenir sa classe, mais si cela ne sert qu'a se protéger soi-même je n'y vois aucun intérêt.
OURS
samedi 30 janvier 2010
Générosité
Dans mon terrier il y a une classe d'autistes. Ces enfants,enfin scolarisés dans une école classique, sont intégrés dans les classes de leur âge pour certaines matières. Pas tous, car la moitié n'ont que des capacités scolaires d'enfant de maternelles.
Cette année, j'ai donc un enfant autiste dans ma classe.
Il est toujours accompagné, soit par une employé de vie scolaire (EVS), soit par l'enseignante de sa classe.
Tous les matins je prends une grande leçon de générosité.
Les enfants autistes ont pour particularité de ne pratiquement pas communiquer avec les autres. Les échanges ne sont que très rares et jamais intenses. S'occuper de ces enfants demande donc une attention particulière. Mais surtout, il faut savoir donner sans compter, sans jamais obtenir un quelconque retour. L'enfant autiste ne vous renvoie pas votre affection. Il prend votre amour et ne vous offre rien en échange.
Alors à travers ce petit article je veux rendre hommage à ces enseignants, ces EVS qui me montrent tous les jours ce que c'est vraiment la générosité. Grâce à cet enfant, tous les matins dans ma classe il y a de l'altruisme, du désintéressement, de l'humanité quoi.
Cette année, j'ai donc un enfant autiste dans ma classe.
Il est toujours accompagné, soit par une employé de vie scolaire (EVS), soit par l'enseignante de sa classe.
Tous les matins je prends une grande leçon de générosité.
Les enfants autistes ont pour particularité de ne pratiquement pas communiquer avec les autres. Les échanges ne sont que très rares et jamais intenses. S'occuper de ces enfants demande donc une attention particulière. Mais surtout, il faut savoir donner sans compter, sans jamais obtenir un quelconque retour. L'enfant autiste ne vous renvoie pas votre affection. Il prend votre amour et ne vous offre rien en échange.
Alors à travers ce petit article je veux rendre hommage à ces enseignants, ces EVS qui me montrent tous les jours ce que c'est vraiment la générosité. Grâce à cet enfant, tous les matins dans ma classe il y a de l'altruisme, du désintéressement, de l'humanité quoi.
vendredi 29 janvier 2010
ça presse !!!
Soit Enzo, qui a très très envie de faire pipi...
Un coup d'oeil à droite le maître est occupé à son bureau.
Un coup d'oeil à gauche, tous ses copains sont concentrés sur leurs exercices.
Bon bon...
"Il faudrait que je demande au maître.", se dit Enzo.
Oui mais c'est trop simple et pas très drôle.
Un p'tit coup d'oeil en arrière et là une ILLUMINATION: l'armoire!
Ben oui quoi, l'armoire!
Alors sans rien dire, Enzo se lève, ouvre l'armoire, baisse son pantalon et fait pipi.
Puis il referme l'armoire et repart s'asseoir.
Fin de l'histoire...
(L'odeur a incommodé la classe quelques jours avant qu'Enzo n'avoue son forfait! ... Et il y a quelques livres à racheter...)
Un coup d'oeil à droite le maître est occupé à son bureau.
Un coup d'oeil à gauche, tous ses copains sont concentrés sur leurs exercices.
Bon bon...
"Il faudrait que je demande au maître.", se dit Enzo.
Oui mais c'est trop simple et pas très drôle.
Un p'tit coup d'oeil en arrière et là une ILLUMINATION: l'armoire!
Ben oui quoi, l'armoire!
Alors sans rien dire, Enzo se lève, ouvre l'armoire, baisse son pantalon et fait pipi.
Puis il referme l'armoire et repart s'asseoir.
Fin de l'histoire...
(L'odeur a incommodé la classe quelques jours avant qu'Enzo n'avoue son forfait! ... Et il y a quelques livres à racheter...)
dimanche 24 janvier 2010
Les "Désobéisseurs"
Ce matin, la famille OURS a écouté sur France Inter Interception.
Le reportage portait sur les "Désobéisseurs" de l'Education Nationale.
Emission très intéressante avec des instits courageux, un Philippe Merieu, comme toujours juste et pertinent, un syndicat indéfendable, un IA qui a suscité un débat entre nous...
Et vous qu'en pensez-vous?
Cliquez sur le lien pour écouter l'émission.
Le reportage portait sur les "Désobéisseurs" de l'Education Nationale.
Emission très intéressante avec des instits courageux, un Philippe Merieu, comme toujours juste et pertinent, un syndicat indéfendable, un IA qui a suscité un débat entre nous...
Et vous qu'en pensez-vous?
Cliquez sur le lien pour écouter l'émission.
samedi 23 janvier 2010
Nouveau casting
Et voilà! Ce blog a un an .... Beaucoup de changements...
Dont une "fine équipe" new look! Les présentations s'imposent.
Comme vous le savez, OURS a rejoint un terrier (il a commencé à vous parler de ses collègues taupes...), et ce n'est pas le seul départ. Oupsss a changé de cap! Assurancetourix est parti à l'école des maîtres au milieu des pins.Et puis il y a eu d'autres départs, mais totalement anecdotiques!
Cette année, toujours présent aux postes:
Mister Chocolate, Mister Pneu, P.Richard, ma binômette (qui ne l'est plus :( ), la Belle de Cadix, notre ch'ti , M.Grincheux, et l'étudiante.
Et puis et puis.... il y a
- USA chief, évidemment!
- SpiderWoman, pas très original, désolé...
- One Million Dollar Baby (OMDB pour les intimes), ne lui parlez pas de maths!!!!
- Notre Maman à Tous, car elle est aux petits soins pour nous: petits gâteaux, cafetière, petits films pour maintenir l'ambiance... Bref elle pense à tout!
- Madame filÂge étayÂge, en fait on la voit 5 min de temps en temps, c'est son credo (donc je ne vais pas en parler souvent, c'est seulement pour le plaisir du surnom!)
- MissAllôBonjour, le plus mauvais rôle de l'école: supporter les humeurs des parents au téléphone...
Ca y est, ils sont célèbres! Ne restent plus qu'à trouver des histoires croustillantes pour eux!!!
Et aussi bienvenue aux nouveaux lecteurs: trop cool de lire des commentaires d'"inconnus", continuez!!!
Dont une "fine équipe" new look! Les présentations s'imposent.
Comme vous le savez, OURS a rejoint un terrier (il a commencé à vous parler de ses collègues taupes...), et ce n'est pas le seul départ. Oupsss a changé de cap! Assurancetourix est parti à l'école des maîtres au milieu des pins.Et puis il y a eu d'autres départs, mais totalement anecdotiques!
Cette année, toujours présent aux postes:
Mister Chocolate, Mister Pneu, P.Richard, ma binômette (qui ne l'est plus :( ), la Belle de Cadix, notre ch'ti , M.Grincheux, et l'étudiante.
Et puis et puis.... il y a
- USA chief, évidemment!
- SpiderWoman, pas très original, désolé...
- One Million Dollar Baby (OMDB pour les intimes), ne lui parlez pas de maths!!!!
- Notre Maman à Tous, car elle est aux petits soins pour nous: petits gâteaux, cafetière, petits films pour maintenir l'ambiance... Bref elle pense à tout!
- Madame filÂge étayÂge, en fait on la voit 5 min de temps en temps, c'est son credo (donc je ne vais pas en parler souvent, c'est seulement pour le plaisir du surnom!)
- MissAllôBonjour, le plus mauvais rôle de l'école: supporter les humeurs des parents au téléphone...
Ca y est, ils sont célèbres! Ne restent plus qu'à trouver des histoires croustillantes pour eux!!!
Et aussi bienvenue aux nouveaux lecteurs: trop cool de lire des commentaires d'"inconnus", continuez!!!
mardi 22 décembre 2009
La petite histoire
Savez-vous comment font les élèves de Mister Chocolate pour retrouver leurs chaussures?
Non?
Alors laissez moi vous raconter cette petite histoire.
La classe sort de la bibliothèque. Tous les élèves se rechaussent, sauf deux.
ILs ont exactement la même paire de chaussures et de la même taille!
La tuile!!! Comment faire?
Le maître ne veut pas les aider (Bon, ça va, en CM2 ils peuvent gérer ce genre de problèmes logistique!!!)
Alors les 2 élèves cherchent, encore et encore...
Finalement, ils se mettent dans le rang, fiers d'avoir résolu seul cette épineuse question.
"- Maître, ça y est, on a chacun nos chaussures! Tu veux savoir comment on a fait?
- ...
- On a senti nos chaussures!!!!"
C'était tout bête, il fallait y penser, non?!?!
Cette petite histoire en forme de dédicace à Mister Chocolate, qui est devenu papa hier.
Bienvenue à Miss Chocolate!
La famille OURS te souhaite un avenir rouge: rouge de plaisirS (et de bohneurS, de joieS, etc..) et rouge de lutteS (et oui il faudra reprendre le flambeau de ton père enfin on espère qu'il aura bien avancé quand même)
Et vous, que lui souhaitez-vous?
Non?
Alors laissez moi vous raconter cette petite histoire.
La classe sort de la bibliothèque. Tous les élèves se rechaussent, sauf deux.
ILs ont exactement la même paire de chaussures et de la même taille!
La tuile!!! Comment faire?
Le maître ne veut pas les aider (Bon, ça va, en CM2 ils peuvent gérer ce genre de problèmes logistique!!!)
Alors les 2 élèves cherchent, encore et encore...
Finalement, ils se mettent dans le rang, fiers d'avoir résolu seul cette épineuse question.
"- Maître, ça y est, on a chacun nos chaussures! Tu veux savoir comment on a fait?
- ...
- On a senti nos chaussures!!!!"
C'était tout bête, il fallait y penser, non?!?!
Cette petite histoire en forme de dédicace à Mister Chocolate, qui est devenu papa hier.
Bienvenue à Miss Chocolate!
La famille OURS te souhaite un avenir rouge: rouge de plaisirS (et de bohneurS, de joieS, etc..) et rouge de lutteS (et oui il faudra reprendre le flambeau de ton père enfin on espère qu'il aura bien avancé quand même)
Et vous, que lui souhaitez-vous?
mardi 15 décembre 2009
lundi 14 décembre 2009
Comptabilité
Problème du jour...
Les classes de CM2 de Ourse et de CLIS de MasterClis souhaitent partir à Paris, 2 petits jours...
Visiter la Tour Eiffel, L'Ile de la cité, le Louvre, le Museum d'Histoire Naturelle.
Pour partir ces 2 petits jours, la "facture" s'élève à 5021 euros .... Oooooooooooh!
Sachant que il ne sera demandé que 50 euros par enfant -plus est inenvisageable, ils ont déjà du mal à payer la coopérative scolaire de 15 euros en début d'année -;
Sachant que la mairie ne nous aidera pas;
Sachant que la maman d'élève qui devait nous trouver une bourse, ne trouve finalement rien;
Sachant qu'il faudrait vendre 2400 billets d'une tombola - il ya des sites internet qui fournissent tout: tickets à gratter, lots...- soit 14 billets par enfants ... OOOOOOOOOOOh! pour boucler à peu près le budget;
Sachant...
Sachant...
Sachant...
Qui a une solution pour trouver 3500 euros?
Les classes de CM2 de Ourse et de CLIS de MasterClis souhaitent partir à Paris, 2 petits jours...
Visiter la Tour Eiffel, L'Ile de la cité, le Louvre, le Museum d'Histoire Naturelle.
Pour partir ces 2 petits jours, la "facture" s'élève à 5021 euros .... Oooooooooooh!
Sachant que il ne sera demandé que 50 euros par enfant -plus est inenvisageable, ils ont déjà du mal à payer la coopérative scolaire de 15 euros en début d'année -;
Sachant que la mairie ne nous aidera pas;
Sachant que la maman d'élève qui devait nous trouver une bourse, ne trouve finalement rien;
Sachant qu'il faudrait vendre 2400 billets d'une tombola - il ya des sites internet qui fournissent tout: tickets à gratter, lots...- soit 14 billets par enfants ... OOOOOOOOOOOh! pour boucler à peu près le budget;
Sachant...
Sachant...
Sachant...
Qui a une solution pour trouver 3500 euros?
dimanche 13 décembre 2009
dimanche 6 décembre 2009
"Non, nous ne débattrons pas!"
Lecture dans Le Journal Du Dimanche d'un article sur ce débat très en vogue, qu'est celui sur l'identité nationale...
Je vous passe les horreurs lues dans ce papier, et je vous en rapporte juste la fin. Ce sont les paroles d'une jeune femme, originaire de Madagascar, mariée à un (gendarme) français et en attente de naturalisation. Convoquée par la préfecture, elle est venue assister à ce débat, pensant qu'elle y trouverait les paroles qui l'aideraient lors de son futur entretien pour son dossier....
Conclusion: "C'est horrible. J'ai envie de me mettre de la farine sur le visage pour devenir blanche."
Alors la voilà la France d'aujourd'hui?
Nous ne nous y résignons pas. Alors nous avons signé l'appel de médiapart, "Non, nous ne débattrons pas" et nous avons lu dans Libération l'appel de 20 chercheurs qui souhaitent la suppression de ce ministère.
L'appel est à signer ici
L' article est là
On vous encourage à signer!
Je vous passe les horreurs lues dans ce papier, et je vous en rapporte juste la fin. Ce sont les paroles d'une jeune femme, originaire de Madagascar, mariée à un (gendarme) français et en attente de naturalisation. Convoquée par la préfecture, elle est venue assister à ce débat, pensant qu'elle y trouverait les paroles qui l'aideraient lors de son futur entretien pour son dossier....
Conclusion: "C'est horrible. J'ai envie de me mettre de la farine sur le visage pour devenir blanche."
Alors la voilà la France d'aujourd'hui?
Nous ne nous y résignons pas. Alors nous avons signé l'appel de médiapart, "Non, nous ne débattrons pas" et nous avons lu dans Libération l'appel de 20 chercheurs qui souhaitent la suppression de ce ministère.
L'appel est à signer ici
L' article est là
On vous encourage à signer!
Tout est dit
il y a des volcans qui se meurent
il y a des volcans qui demeurent
il y a des volcans qui ne sont là que pour le vent
il y a des volcans fous
il y a des volcans ivres à la dérive
il y a des volcans qui vivent en meutes et patrouillent
il y a des volcans dont la gueule émerge de temps en temps
véritables chiens de la mer
il y a des volcans qui se voilent la face
toujours dans les nuages
il y a des volcans vautrés comme des rhinocéros fatigués
dont on peut palper la poche galactique
il ya des volcans pieux qui élèvent des monuments
à la gloire des peuples disparus
il y a des volcans vigilants
des volcans qui aboient
montant la garde au seuil du Kraal des peuples endormis
il y a des volcans fantasques qui apparaissent et disparaissent
(ce sont jeux lémurieux)
il ne faut pas oublier ceux qui ne sont pas des moindres
les volcans qu'aucune dorsale n'a jamais repérés
et dont de nuit les rancunes se construisent
il y a des volcans dont l'embouchure est à la mesure
exacte de l'antique déchirure.
il y a des volcans qui demeurent
il y a des volcans qui ne sont là que pour le vent
il y a des volcans fous
il y a des volcans ivres à la dérive
il y a des volcans qui vivent en meutes et patrouillent
il y a des volcans dont la gueule émerge de temps en temps
véritables chiens de la mer
il y a des volcans qui se voilent la face
toujours dans les nuages
il y a des volcans vautrés comme des rhinocéros fatigués
dont on peut palper la poche galactique
il ya des volcans pieux qui élèvent des monuments
à la gloire des peuples disparus
il y a des volcans vigilants
des volcans qui aboient
montant la garde au seuil du Kraal des peuples endormis
il y a des volcans fantasques qui apparaissent et disparaissent
(ce sont jeux lémurieux)
il ne faut pas oublier ceux qui ne sont pas des moindres
les volcans qu'aucune dorsale n'a jamais repérés
et dont de nuit les rancunes se construisent
il y a des volcans dont l'embouchure est à la mesure
exacte de l'antique déchirure.
Dorsale Bossale Aimé Césaire
mercredi 2 décembre 2009
La joie-rabat-joie
Dans mon terrier il n'y pas de sonnerie automatique. Il suffit d'appuyer sur un interrupteur pour actionner cette horreur sonore.
Je suis de ceux qui ont besoin de renter en classe à l'heure. Mes journées sont trop courtes, j'ai toujours mille et une choses à faire avec mes taupinettes. Alors il est vrai que ma patte est plus souvent collée à l'interrupteur qu'à leur tour. Je ne sais pourquoi depuis le mois d'octobre je sens comme des acouphens dans mes noreilles
Peut-être sont-ce les taupes qui râlent de devoir rentrer en classe ? Sûrement...
Mardi "pas si vieille taupe que ça" vient me voir pour me dire :
"Pour apaiser les tensions (manquait plus que cela), il faudrait que l'on fasse une réunion pour parler du temps du récré (j'ai que ça à f......e)"
Je lui explique que je n'ai qu'à taper des mains au bout de 20 minutes comme cela je ne dérangerai personne. Elle me dit : "c'est vrai que quand tu sonnes (au bout de20 min) nous sommes obligés de répéter 30fois aux autres enfants que ce n'est pas l'heure, on n'en peut plus et puis quand tu surveilles et que tu sonnes, il n'y a plus personne qui surveille." Mais bien sûr, je vais rester 40 minutes en récré pour que tu ailles boire ton thé et parler de la fausse couche de ta voisine (je n'ai pas dit cela évidemment vous me connaissez)
Discussion suréaliste non ?
Nous sommes en ZEP, avec des taupinettes qui valent des clopinettes et dans la journée on devrait perdre 50 minutes d'enseignement. Moi je ne peux pas, je culpabilise. Elles, non. Alors je passe encore pour un ours mal léché, moralisateur, voir proche de l'UMP. J'ai osé parlé d'une sonnerie automatique. Elles me répondent qu'elles ne peuvent s'imposer cette discipline militaire de sortir en récré à l'heure.....
Tannière je pense à toi.
Je suis de ceux qui ont besoin de renter en classe à l'heure. Mes journées sont trop courtes, j'ai toujours mille et une choses à faire avec mes taupinettes. Alors il est vrai que ma patte est plus souvent collée à l'interrupteur qu'à leur tour. Je ne sais pourquoi depuis le mois d'octobre je sens comme des acouphens dans mes noreilles
Peut-être sont-ce les taupes qui râlent de devoir rentrer en classe ? Sûrement...
Mardi "pas si vieille taupe que ça" vient me voir pour me dire :
"Pour apaiser les tensions (manquait plus que cela), il faudrait que l'on fasse une réunion pour parler du temps du récré (j'ai que ça à f......e)"
Je lui explique que je n'ai qu'à taper des mains au bout de 20 minutes comme cela je ne dérangerai personne. Elle me dit : "c'est vrai que quand tu sonnes (au bout de20 min) nous sommes obligés de répéter 30fois aux autres enfants que ce n'est pas l'heure, on n'en peut plus et puis quand tu surveilles et que tu sonnes, il n'y a plus personne qui surveille." Mais bien sûr, je vais rester 40 minutes en récré pour que tu ailles boire ton thé et parler de la fausse couche de ta voisine (je n'ai pas dit cela évidemment vous me connaissez)
Discussion suréaliste non ?
Nous sommes en ZEP, avec des taupinettes qui valent des clopinettes et dans la journée on devrait perdre 50 minutes d'enseignement. Moi je ne peux pas, je culpabilise. Elles, non. Alors je passe encore pour un ours mal léché, moralisateur, voir proche de l'UMP. J'ai osé parlé d'une sonnerie automatique. Elles me répondent qu'elles ne peuvent s'imposer cette discipline militaire de sortir en récré à l'heure.....
Tannière je pense à toi.
OURS
dimanche 29 novembre 2009
Dimanche pluvieux...
Aujourd'hui c'était distribution de vêtements chez les Roms.
Ours in chief avait tiré de la cave quelques litres de 6 mois à 3 ans d'âge.
Me voilà donc avec mon sac dans le squat. Dehors il pleut des cordes. Le squat ressemble à une immense flaque de boue : les caddies ne roulent plus, les charriots doivent être portés et les voitures restent bloquées. Pas le choix pour les bulgares, il faut marcher dans la boue pour pouvoir aller chercher de l'eau. Dans ces conditions, les enfants qui ne savent pas encore marcher restent dans la cabane tout le temps (les autres sont maculés de boue jusqu'aux genous). Et comme, certaines cabanes prennent l'eau, comme le poêle est très dangereux, ils restent sur le lit.
Aujourd'hui un petit de 12 mois a découvert que l'on pouvait mettre des chaussures.
Aujourd'hui, Tania 3 ans ne comprenait pas à quoi servaient des gants.
Quand à la plus petite du camp, ce soir elle dormira dans une turbulette.
Si peu de choses et pourtant un tel bonheur dans leurs yeux.
Demain est un autre jour : peut -être que Tania pourra enfin retourner à l'école si les services départementaux veulent bien faire un effort ?
Ours in chief avait tiré de la cave quelques litres de 6 mois à 3 ans d'âge.
Me voilà donc avec mon sac dans le squat. Dehors il pleut des cordes. Le squat ressemble à une immense flaque de boue : les caddies ne roulent plus, les charriots doivent être portés et les voitures restent bloquées. Pas le choix pour les bulgares, il faut marcher dans la boue pour pouvoir aller chercher de l'eau. Dans ces conditions, les enfants qui ne savent pas encore marcher restent dans la cabane tout le temps (les autres sont maculés de boue jusqu'aux genous). Et comme, certaines cabanes prennent l'eau, comme le poêle est très dangereux, ils restent sur le lit.
Aujourd'hui un petit de 12 mois a découvert que l'on pouvait mettre des chaussures.
Aujourd'hui, Tania 3 ans ne comprenait pas à quoi servaient des gants.
Quand à la plus petite du camp, ce soir elle dormira dans une turbulette.
Si peu de choses et pourtant un tel bonheur dans leurs yeux.
Demain est un autre jour : peut -être que Tania pourra enfin retourner à l'école si les services départementaux veulent bien faire un effort ?
OURS
samedi 21 novembre 2009
Les Roms
Cela fait maintenant trois fois que je me rends sur le squat de Roms de ma ville. Alors je commence à les connaître un peu mieux.
Dans ce squat, c'est comme dans la société, il y a de tout.
Il y a Alex qui s'est fait prendre ses papiers par les flics car il n'a pas trouvé sa ceinture dans sa voiture. Du coup dans sa cabane en tolle, il écoute de la "boulgarmusic" à fond les ballons, rajoutant ainsi à la misère de ses voisins, l'exaspération.
Il y a cette famille adorable avec deux petits enfants de 6 et 3 ans qui vivent dans une cabane de 4m2, avec un poêle à bois qui enfume tout. Et pourtant ils ont décoré leur "maison" pour noël. Imaginez un peu la force...
Pour clarifier les choses j'ai décidé de centrer mon attention sur les enfants et l'école.
Quand je parle à ces famille de l'école, elles me répondent que tant qu'ils n'auront pas de poubelles, de graviers pour éviter la boue et de chaussures pour leurs enfants, ils auront trop honte de les mettre à l'école. Que répondre à cela ? Je crois que cela s'appelle la dignité non ?
De l'autre coté du camp; quelques familles ont squaté deux maisons. Une partie a déjà brulé, mais ce qui reste ressemble à un palace par rapport aux cabanes.
Doutchka est une adolescente de treize ans au visage triste. Ses parents m'ont toujours accueilli avec le plus grand des sourires et je pense qu'ils sont sincères. Doutchka ne va plus au collège car la mairie (socialiste et non de gauche, n'est ce pas Mister Chocolate ?) a refusé la cantine pour la petite soeur. Du coup, comme les parents sont obligés de faire la manche pour vivre, Doutchka doit garder la petite la journée.
Et puis, il y a Trayko,12 ans, scolarisé dans la pire école de la commune, alors qu'il dépend de la belle école du centre ville. L'enseignante était contente de me voir car elle n'en peut plus. Imaginez, Trayko n'avait jamais été à l'école jusqu'à ses 9ans.
Mon rôle dans tout cela?
Rendre la vie de ces gamins un peu moins dure. Essayer de jouer l'intermédaire entre les institutions et eux. Veiller à ce que personne ne soit trop gravement malade entre deux tournées de médecins du monde. Essayer le plus que possible de faire la part des choses, de garder la tête froide.
Dans ce squat, c'est comme dans la société, il y a de tout.
Il y a Alex qui s'est fait prendre ses papiers par les flics car il n'a pas trouvé sa ceinture dans sa voiture. Du coup dans sa cabane en tolle, il écoute de la "boulgarmusic" à fond les ballons, rajoutant ainsi à la misère de ses voisins, l'exaspération.
Il y a cette famille adorable avec deux petits enfants de 6 et 3 ans qui vivent dans une cabane de 4m2, avec un poêle à bois qui enfume tout. Et pourtant ils ont décoré leur "maison" pour noël. Imaginez un peu la force...
Pour clarifier les choses j'ai décidé de centrer mon attention sur les enfants et l'école.
Quand je parle à ces famille de l'école, elles me répondent que tant qu'ils n'auront pas de poubelles, de graviers pour éviter la boue et de chaussures pour leurs enfants, ils auront trop honte de les mettre à l'école. Que répondre à cela ? Je crois que cela s'appelle la dignité non ?
De l'autre coté du camp; quelques familles ont squaté deux maisons. Une partie a déjà brulé, mais ce qui reste ressemble à un palace par rapport aux cabanes.
Doutchka est une adolescente de treize ans au visage triste. Ses parents m'ont toujours accueilli avec le plus grand des sourires et je pense qu'ils sont sincères. Doutchka ne va plus au collège car la mairie (socialiste et non de gauche, n'est ce pas Mister Chocolate ?) a refusé la cantine pour la petite soeur. Du coup, comme les parents sont obligés de faire la manche pour vivre, Doutchka doit garder la petite la journée.
Et puis, il y a Trayko,12 ans, scolarisé dans la pire école de la commune, alors qu'il dépend de la belle école du centre ville. L'enseignante était contente de me voir car elle n'en peut plus. Imaginez, Trayko n'avait jamais été à l'école jusqu'à ses 9ans.
Mon rôle dans tout cela?
Rendre la vie de ces gamins un peu moins dure. Essayer de jouer l'intermédaire entre les institutions et eux. Veiller à ce que personne ne soit trop gravement malade entre deux tournées de médecins du monde. Essayer le plus que possible de faire la part des choses, de garder la tête froide.
OURS
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